Philosophy is sexy

Philosophy is Sexy Instagram page

La Philosophy is Sexy avec Marie Robert

My Weekly Wander #6 – 8 septembre 2020

Philosophy is Sexy, really ? Quand j’ai découvert Mr Hasse – notre inénarrable prof de philo en terminale – je vous promets que je n’ai jamais pensé pouvoir un jour dans ma vie écrire une chose pareille !

Total look noir, ongles longs et crochus, barbe hirsute et et odeur insoutenable s’évadant de sa tenue strictement identique chaque jour, on était VRAIMENT loin de l’image “ Philosophy is Sexy”. Et TELLEMENT proche de la caricature du prof qui vous rebute à vie de cette matière compliquée et élitiste à laquelle on essaye de nous former en neuf courts mois… J’ai même réussi l’exploit d’obtenir 2 en philo à l’examen d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure. Mazeltov!

 

La philosophie pour relativiser son quotidien

Aujourd’hui pourtant, je redécouvre avec plaisir comment la philosophie peut contribuer à un quotidien meilleur et nous aider à développer une pensée libre. Grâce à Marie Robert, philosophe, professeure et auteure à succès de Kant tu ne sais plus quoi faire, il reste la philo et Descartes pour les jours de doutes.

Persuadée que la philosophie doit être pratiquée dès le plus jeune âge, elle a monté plusieurs écoles Montessori et anime des “ateliers philo” pour les plus petits. Pour les plus grands, elle écrit des chroniques radio et anime un podcast éponyme super intéressant

Portrait de la philosophe Marie Robert

Un RDV quotidien sur Instagram

C’est mon amie Sophie qui m’en a parlé cet été, après en avoir fait un très joli portrait sur son blog MyVestiaire

Depuis, je retrouve ses posts plein de générosité, de vulnérabilité et d’enseignements sur son très joli compte Instagram @philosophyissexy (près de 50 000 followers tout de même, pas mal pour une prof de philo). Vous dire qu’ils résonnent (raisonnent?) souvent très très fort serait un euphémisme.

Le compte Instagram de Philosophy is Sexy

Et c’est justement parce que j’en ai lu deux coup sur coup qui ont particulièrement fait tilt que je vous en parle aujourd’hui.

Le premier sur l’autorité…

Ceci est une eau vive. Enfant bien sage. Bon soldat. Fidèle respectable des projections de nos parents, de nos amis, de nos conjoints, de nos communautés. Comment se fait-il que nous obéissions ? Et que nous rendions acceptable ou du moins supportable les emprises diverses qui jalonnent notre vie ? Pour quelles raisons nous soumettons-nous aux injonctions, professionnelles, familiales, financières, sociétales qui impactent nos décisions ? La peur, l’admiration, l’habitude ou la tradition sont-ils des supports suffisants pour justifier cette légitimité que l’on octroie aux autres ? L’âge, l’expérience, le titre ou la rumeur, font-ils « autorité » ? Ou est-ce plutôt la crainte de décevoir qui force notre acceptation ?

Il ne s’agit pas de dissoudre l’importance du pouvoir. Ni d’en appeler au chaos. Mais plutôt d’interroger nos mécanismes et de percevoir la manière dont se construisent nos actes et notre cohérence. Pour comprendre le présent, nous n’avons pas d’autre choix que de revenir en arrière, sur tous ces instants où nous avons fait passer la conformité, avant nos désirs, nos convictions, nos nécessités. C’est ce détour par notre histoire, c’est ce diagnostic, qui nous permet de donner un sens à ce que nous vivons et répétons si souvent. C’est de cette façon que nous parviendrons à faire du dogme une donnée qui s’interprète. Et que nous finirons par ne plus redouter les chemins de traverse. Et par défier du regard, la tête haute. Je vous souhaite une journée d’obéissance envers vous-même.

Le second sur la gravité…

Ceci est solennel. Bien sûr ce n’est pas si grave. Ce n’est pas si grave d’hausser le ton lorsque la colère monte, ni d’articuler des mots qu’on finit par regretter. Ce n’est pas si grave d’oublier un anniversaire et de ne pas être présent à un moment important. Ce n’est pas si grave de repousser ce dossier qu’on s’était promis de traiter ou de ne plus aller à ce cours de danse qu’on aimait tant. Ce n’est pas si grave de jeter un papier par terre ou de ne jamais ouvrir un livre. Ce n’est pas si grave. Et d’ailleurs, au fond, peu de choses le sont.

Jusqu’au jour où l’anodin devient habitude et où l’on se réveille hagard en se demandant comment nous avons fait pour en arriver là. Alors la culpabilité nous ronge. Le découragement nous assaille. Et l’on suffoque, encerclé par nos « si j’avais su ». Il faut dire que la gravité a mauvaise presse, elle s’habille de contraintes et d’injonctions. Mais de temps à autre, la gravité nous préserve. Elle devient alors une attention portée aux gens, aux choses, au monde et à soi. C’est en considérant nos actes, tous nos actes, et en mettant de l’engagement dans nos gestes, que nous gagnons en cohérence, que nous ne passons pas à côté de nos intensités, et qu’in fine, nous sommes fiers d’avoir été, non pas graves, mais présent à nous-mêmes. Je vous souhaite une journée de gravité concernée.

En espérant que tout cela ne vous paraît pas trop grave et solennel tout de même, je vous souhaite une Wanderfull semaine.

Raphaelle

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1 commentaire (sûrement très pertinent)

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