Epoustouflante Nouvelle-Zélande

Nouvelle-Zélande Glenorchy

Du bush aux glaciers de Nouvelle-Zélande

Voyager en Nouvelle-Zélande est un rêêêêve depuis bien longtemps. J’imagine que quiconque aime les paysages infinis et la rando partage ce rêve – surtout depuis que nos amis les hobbits ont imaginé la plus grande campagne de pub à écran ouvert possible pour ce pays.

Victime de mon vieux snobisme de voyageuse au long cours (« ma fille, si tu n’as pas au moins deux mois – ou six – pour découvrir la Nouvelle-Zélande, autant ne pas y aller »), j’en étais donc restée aux images majestueuses du Seigneur des Anneaux gravées dans la rétine.

Mais voilà t’y pas que la saison des pluies arrive en Afrique, l’atelier Tribal Textiles ferme donc ses portes temporairement comme chaque année et je me retrouve au chômage technique pour deux mois et demi, avec l' »obligation » de voyager… Flûte alors, vous imaginez un peu la guigne 🙂 !!!

Après un petit tour en France pour voir famille et amis – fort réjouissant après 18 mois de sevrage, frustrant aussi car trop court pour voir tout le monde – me voici pour diverses raisons en Afrique du Sud puis en Australie avec mon amoureux (oui je sais, ce parcours est loin d’être des plus logiques ou carbon footprint friendly, mais là n’est pas la question). Rob doit repartir en Zambie mi-février pour le boulot, quant à moi il me reste une dizaine de jours avant la réouverture de notre atelier.

L’évidence s’impose alors à moi : tant qu’à être arrivée au pays des kangourous, autant pousser jusqu’en Nouvelle-Zélande, bougre d’âne. Je négocie quelques jours de congés supplémentaires pour avoir deux semaines pleines sur place et me concocte dans les grandes lignes un petit tour de reconnaissance de l’île du Sud. J’achète mon billet d’avion le lundi pour une arrivée le jeudi soir, tranquille Bill. Erreur de débutante… mais on y reviendra !!!

 

La Nouvelle-Zélande : c’est encore mieux avec la 3D

Sans tergiverser davantage, autant le dire en clair et non crypté : c’est au-delà, over, über (tout ce que vous voudrez), de tout ce à quoi je pouvais m’attendre. Mes premières impressions sont encore bien meilleures que mon imagination fébrile pouvait le concevoir.

  • Dès l’arrivée, tout le monde est sympa et souriant, à commencer par le douanier qui bavasse avec moi pendant 5 bonnes minutes et prodigue moult conseils pour mon séjour. On s’embrasserait presque comme du bon pain en se quittant, tiens… les kiwis ont bien mérité leur réputation d’être une population accueillante, ça nous change du douanier aigri à Roissy !!!
  • Une des premières familles que je croise dans l’aéroport d’Auckland où je transite est visiblement d’origine maorie. Tout souriants, ils circulent pieds nus et en short alors qu’il pleut des cordes et fait 15 degrés à tout péter… leur joie de vivre me rappelle tellement la Polynésie que j’en ai la banane rien qu’à les regarder.
  • Je m’attends au déluge après avoir entendu que la Nouvelle-Zélande vit un de ses pires étés depuis 20 ans en terme de météo – ce qui semble se confirmer lors du stop à Auckland ci-dessous…

En transit à Auckland… welcome to New Zealand et son fameux temps souriant

C’est cependant sous un soleil éclatant que j’atterris à Queenstown deux heures plus tard, dans un paysage et une lumière de fin de journée à couper le souffle.

Et je ne vais presque pas voir la queue d’un nuage pendant 15 jours – comble de l’indécence dans le Sud de l’île du Sud et particulièrement Fiordland National Park où il pleut 320 jours par an.

  • Mais surtout, SURTOUT, ce pays est d’une extrême beauté. C’est la première fois de ma vie je crois que je ressens une douleur physique devant tant de perfection. Dès le survol de Queenstown en avion et le trajet en bus le long du lac Wakatipu, puis les jours suivants dans le parc national du Fiordland, j’ai littéralement le coeur qui se serre et me fait parfois mal tellement cette île est époustouflante et ses paysages somptueux. C’est tellement intense… c’est réellement difficile de transmettre l’émotion que ça me procure !! Pourtant, j’ai des souvenirs à tomber par terre des montagnes népalaises ou ladakhies.

  • Au-delà de l’aspect monumental et grandiose, il y a quelque chose de serein et réellement voluptueux dans cette terre. Je ne sais pas comment dire mais c’est arrondi, rebondi, abondant, plein de couleurs et de douceurs… j’irai jusqu’à dire que cette terre est féminine. Un peu bizarre quand on pense à Mordor je l’avoue, mais on sent que son origine volcanique l’a rendue généreuse. Même les couleurs sont bizarrement plus douces qu’ailleurs… j’ai rarement visité un tel pays, où même en milieu de journée les couleurs ne sont pas cramées par le soleil au zénith.

  • Je crois que je ne m’attendais tout simplement pas à une telle beauté et une telle diversité, ni surtout si facilement accessible. Que ce soit en voiture ou à pied, chaque tournant apporte une nouvelle vision qui littéralement coupe le souffle. En l’espace de 100 kilomètres, tu peux traverser des paysages qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Je passe ma vie à m’exclamer tout haut dans la voiture : « mais que c’est beau » comme une abrutie, juste parce que l’émotion doit sortir !!! Même pas besoin de faire des jours de rando pour atteindre le Graal : il suffit de quelques heures (parfois même ça se compte en dizaines de minutes) pour accéder à des paysages somptueux. Bon j’admets, parfois ça grimpe sévère tout de même et je remercie le ciel d’avoir arrêté de fumer il y a deux mois et demi.

  • Quant à conduire, ça devrait purement et simplement être interdit : à chaque tournant, je risque sérieusement la sortie de route en me dévissant le cou dans tous les sens pour absorber les nouvelles merveilles qui s’offrent à ma vue. Impossible de se fier à Google Maps ou autres Waze pour estimer le temps qu’il faut pour relier un point à un autre. Non seulement les routes tournicotent dans tous les sens, plombant sévèrement ta moyenne – la limite de vitesse est à 100 kms/h, mais dans la plupart des régions on se demande par quel truchement il serait possible de l’atteindre ! Mais surtout, il faut compter le double puisque tu t’arrêtes toutes les cinq minutes pour dégainer ton appareil photo et prendre ta millième photo de montagne ou de lac de la semaine.

  • Vous l’aurez compris, dans ce pays, la photo digitale est à la fois un problème et une bénédiction qui me permettra de ne pas tout garder… en attendant, j’ai quelques heures de tri devant moi !!!
  • Et pour couronner le tout, les jours sont looooongs. Je suis tellement heureuse de vivre ça de nouveau après un an en Zambie où il fait nuit noire au plus tard à 18 heures. Mais surtout, pour les gens comme moi qui ne sont pas là longtemps, ça permet de faire tellement de choses en une seule journée. A l’issue de ma première semaine, j’avais l’impression d’être là depuis 3 semaines.

 

Attention chéri, ça va Truamper !

Mille excuses pour ce jeu de mot foireux, mais depuis mon arrivée j’entends deux mots en permanence : Trump et tramp ! Car en Nouvelle-Zélande, qu’on se le dise : on ne hike pas, on tramp. Et on ne fait pas seulement des walks, on fait des Great Walks !!! En gros, « tramper » ça veut dire que tu pars en randonnée pour plusieurs jours avec tout ton matos sur le dos en dormant en refuge ou en tente.

Mais revenons à nos moutons… le pays des ruminants réserve quelques surprises pour la néophyte qui déboule sans crier gare :

  • Entre janvier et mars, c’est l’été en Nouvelle-Zélande. Par conséquent, c’est blindé et il faut être organisé, ce que je vais découvrir à mes dépens. Je pensais bêtement débarquer dans le paradis du backpacker, où tout s’organise à la dernière minute… que nenni ! Pas malin dans ces conditions de débouler comme moi la fleur au fusil à Queenstown (ou n’importe quel autre endroit un poil touristique) sans avoir un toit pour la nuit. Je n’ai jamais vu le terme NO VACANCY autant affiché de ma vie.

Mieux vaut avoir toujours un, deux ou trois jours d’avance en matière de réservations. Et si possible arriver après mi-février où les locaux ne sont plus en vacances.

Si vous rêvez de randonner certaines des Great Walk les plus populaires (j’ai nommé Milford Track et Routeburn Track), pensez carrément à réserver un an à l’avance votre place dans les huts du DOC (Department Of Conservation). Apparemment, le quota de lits disponibles en refuge pour l’année à venir est booké en 4 heures le jour où ils ouvrent les réservations ! Mieux qu’un concert de Muse au Stade de France… il faut dire aussi qu’il y a moins de places haha.

  • En cette saison, l’île du Sud doit compter  plus de touristes que de kiwis (les habitants… ils sont quatre millions au total dans le pays dont un dans l’île du Sud). Et tu croises définitivement plus de campervans que de kiwis (l’oiseau).


Un poil dommage, car les kiwis (les habitants, vous suivez oui ou non?) sont tellement sympas qu’on aimerait bien en voir plus souvent. Pour ça, l’auto-stop (expérimenté brièvement le temps de récupérer une voiture) est vraiment top : hyper pratiqué ici où il y a peu de transports en commun et encore moins de routes, il permet de chouettes rencontres. Certains font même des détours insensés pour te déposer là où tu dois aller.

  • En matière de population, on pourrait parfois se demander si la Nouvelle-Zélande n’est pas une nouvelle région allemande ou française, tellement je croise ces deux nationalités partout où je vais. Cela dit, la VRAIE invasion réellement problématique en Nouvelle-Zélande est celle de deux types d’animaux:
    • les sandflys, une plaie que vous retrouverez partout où vous irez… bienvenue démangeaisons et disgracieux boutons plein les gambettes. En quelques jours à peine, tu trouves ça normal que tes interlocuteurs se contorsionnent en tous sens pendant votre conversation tandis que tu te grattes toi-même de partout.
    • et les possums… nettement moins gênants pour les humains de prime abord, ces rongeurs importés au 19ième siècle pour leur fourrure sont aujourd’hui considérés comme une peste pour l’environnement. A raison de 20 000 tonnes de plantes natives et fleurs ingurgitées chaque nuit par ces charmants rongeurs, la flore native et la faune (particulièrement les oiseaux) sont en sévère danger de disparition. Cela mène à de grands débats publics et campagnes environnementales pro ou anti 1080, un poison qu’ils utilisent pour se débarrasser des rongeurs et préserver leurs forêts.
  • Cela dit en matière d’environnement, l’agriculture est ici comme partout le principal fléau. D’autant plus énervant pour les kiwis si à cheval sur la préservation de leur éco-système fragile (et on les comprend cf tant de beauté) quand on sait que l’immense majorité des fruits et légumes de qualité sont exportés directement et ne restent dans le pays que ceux de moins bonne qualité, vendus à des prix exorbitants comme tout ce qu’on peut trouver ici.
  • Car oui, la Nouvelle-Zélande c’est cher d’y vivre, et par extension d’y voyager, surtout si tu voyages seul. Je ne pensais pas avoir à dormir en dortoir de nouveau dans ma vie… welcome to New Zealand ma grande !!! Cela dit, à part celui qui fleurait bon la chaussure de rando où j’ai atterri en carafe lors de mon arrivée à Queenstown, ils ont l’art de les rendre vraiment sympa (à ce titre, les hostels du réseau BBH sont généralement une valeur sûre). Et si vous avez un temps limité, je ne peux que vous recommander d’avoir votre propre véhicule (special two thumps up à Omega Car Rental que je recommande vivement pour leurs prix imbattables, leur flexibilité et leur service au top).
  • Autre point un peu irritant : tout comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande est un pays avec plein de règles… et moi en bonne française, les règles, ça me saoule (c’est pas fait pour être contourné, ces choses-là?). Sécurité par ci, impossible de se garer par là, pas le droit de louer un kayak en solo, n’oubliez pas de mettre de la crème solaire, de boire beaucoup d’eau, de vous couvrir, blablabla. Merci les gars… et le droit de respirer, j’ai ????

 

Quelques panoramas pour t’en boucher un coin

Avant le tri photo et quelques posts plus détaillés sur des endroits que j’ai particulièrement aimé, je voulais juste partager avec vous cette joie pure, à la fois sauvage et sereine, au travers de quelques panoramas de mes deux premières semaines.

Pour la petite histoire, après avoir rushé comme une malade pour traverser l’île du Sud en 14 jours, j’ai appris la veille du départ que j’avais gagné une extension de séjour pour un temps indéterminé. Mon visa de travail en Zambie n’ayant en effet pas été approuvé, je n’ai pas le droit d’entrer sur le territoire zambien et me voit dans l' »obligation » de prolonger mes vacances forcées dans ce pays de rêve. Too bad, ma vie. Comme dirait Candice: « là tout de suite, je te déteste ». Mais attendez, ne croyez pas non plus que ce ne sont QUE des vacances : la journée je roule et je randonne, mais tous les soirs je bosse hein.

En attendant de réussir à vous apitoyer, admirez tant de beauté. Et dites vous bien que ces photos ne rendent que partiellement justice à la réalité…

Te Anau et Kepler Track : day hike vers Luxmore Summit

La route éblouissante Milford Highway

… avec une petite rando au Key Summit

… et une croisière sur Milford Sound

Lac Wakatipu du côté de Glenorchy et Kinloch

Wanaka et la randonnée vers le Rob Roy Glacier (énorme coup de coeur)


 

West Coast et Pancake Rocks

 

Golden Bay, Abel Tasman National Park et Gibbs Hill Track

Ah oui, j’oubliais… Dans la série des merveilles que la Nouvelle-Zélande m’a réservé : un baptême en parachute à 5000 mètres d’altitude sous un soleil éblouissant avec le massif des Alpes du Sud, Fox Glacier, Mont Cook et Mont Tasman d’un côté et la mer de Tasmanie émeraude de l’autre. Tout simplement à couper le souffle, au sens propre et figuré. Et c’est dans le champ ci-dessous qu’on atterrissait.

Bon allez, OK, j’ai compris : je sors !!! Mais je reviendrai, c’est promis!

11 commentaires

  • Jean-Mi dit :

    Tes photos sont encore une fois absolument dingues !
    Ce pays à l’air magnifique, quelle diversité de paysages j’ai l’impression… wouah dans cette grisaille parisienne du mois de mars, tu m’as scotché devant mon écran dès 8 heures du mat.
    Merci pour ce shoot matinal…
    Jean-Mi

  • Olga VILLANO dit :

    Bon, tu as raison,sors tout de suite et on s’apitoie! Comme dit ci dessus Jean-Mi, nous on est à Paris… et il a fait moche de chez mochard. Bon, j’ai kiffé grave, tu m’as rappelé notre rêve de grand voyage de 4 mois (Nouvelle Calédonie, Australie, New Zealand) et nous avons enfin des nouvelles -ceux que tu n’as pas vus fin 2016, hein…- Bravo pour l’arrêt de fumer, chouette la belle histoire d’A,, compliqué de bosser en Zambie, et toujours un oeil qui saisit les belles vues et une langue qui nous fait fait une banane dans le coeur. Amitié

  • SASSEN dit :

    Comme dirait Candice: « là tout de suite, je te déteste ». Et tu vas être « obligée » de voyager encore longtemps comme ça dans ces vilaines contrées? Quand est-ce que ces histoires de visa vont se régler?Enjoy in the meantime, ça a l’air en effet vraiment dingo.

  • Delphine dit :

    Ma raph, genial de te lire. Ca faisait trop longtemps. On voyage un peu avec toi (et on fait nos prochains prijets de vacances…) en te lisant… profite, met toi en plein les mirettes, raconte nous tout ca… hate de te voir sur un continent ou un autre ❤️

  • Magnifique! Quand y étais-tu du coup? Pour nous aussi énorme coup de coeur après 3 semaines de camping car. Tout était juste magnifique. Bon retour en Afrique et à une prochaine fois pour la Nouvelle-Calédonie du coup? bizzz

  • BERNARD dit :

    Bonjour Raphaëlle. Ou plutôt bonne nuit vu l’heure à Nice ( midi ) ton « reportage pourrait figurer dans le catalogue d’une agence de voyages : le nombre des touristes doublerait immédiatement .. bref on s’y croirait … pas tout à fait hélas. Tes photos sont époustouflantes. Bises en attendant de ( peut être )pouvoir te féliciter de vive voix. Regine et Dominique

  • béné dit :

    Raph, drôle de coïncidence je lis ton article en ce 8 mars alors que tu définis les paysages comme féminins! et je le lis parce qu’Héloïse m’a envoyé un sms « vas lire le nouvel article de Raph!!!!! » donc tout affaires cessantes, j’ai cessé et me pose et là waoooouh! waooouh! quelle lumière !!!! splendide magique bref je n’ai pas assez de mots et moi aussi envie comme toi envie de crier mon admiration à chaque cliché!
    il faut juste que tu nous fasses découvrir plus les kiwis! mais suis rassurée comme tu es bloquée et vas encore nous dénicher et partager des pépites !
    à très vite pour la suite bizooooos

  • anne laure dit :

    Tu devrais envoyer ce post à l’ambassade de NZ en France ! Tu aurais garanti un poste d’ambassadrice (ou à défaut de coach des All Blacks, ce qui est bien aussi) tant ton récit est fort et évocateur et tes photos splendides. Merci de nous avoir fait partager ce voyage avec autant d’enthousiasme et d’émotion. Bonne route ma Raph!
    PS / En parlant de All blacks, comment sont les Kiwis?

  • natpanaf dit :

    Bravo ma Raph … Recit et Photos a l image de la Nouvelle Zélande
    Epoustouflants !!
    Miss U
    Nat

  • sabnic dit :

    Voilà de quoi titiller encore plus mon envie de découvrir ce beau pays, vos photos et votre récit sont très enthousiasmants et votre energie est communicative !!!!! Il n’est pas dit que je n’irai pas y trainer mes pinceaux un jour ou l’autre … merci pour votre pep’s, ça fait du bien par les temps qui courent !

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