MALAWI : à l’assaut du Mont Mulanje en vidéo

Ta première mission, si tu l’acceptes…

Si vous avez lu mon précédent billet sur les raisons de mon séjour au Malawi, vous aurez compris que j’ai commencé à travailler pour une agence de voyage au Malawi et que tout s’est passé à distance, de manière aussi spontanée que décousue. T.I.A. = « This Is Africa », comme disent ici les Muzungus (blancs)…

Après quelques échanges de mail et sans même avoir rencontré le mec qui l’a montée, nous avions donc convenu que je rejoindrais dans le parc de South Luangwa (à l’Est de la Zambie) un groupe voyageant avec son agence, avec lequel je devais repartir en direction du Sud du Malawi et plus précisément du massif du Mont Mulanje.

Mulanje Map

J’avais lu avant de partir que c’était une superbe région de rando et avais gardé dans un coin de tête que j’aimerais bien y aller, si je trouvais un moyen de m’y rendre (avec 2*16 kgs sur le dos, les déplacements en minibus bondés sont une chienlit, pour ne pas dire plus).

Je me suis donc empressée de sauter sur cette merveilleuse opportunité d’aller voir du pays, sans poser davantage de questions : j’avais le où… le quoi ? comment ? combien de temps ? me paraissaient superflus.

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Me voilà donc en compagnie d’un groupe de dix anglo-saxons de tous âges qui ont réservé leur voyage via KE Adventure. Compte tenu de l’âge moyen pas tout jeune, je ne me suis d’abord pas méfiée.

Puis j’ai compris que KE était l’équivalent en Angleterre de notre Terdav ou plutôt Alibert, spécialisé dans les voyages orientés montagne et randonnée. Ensuite, je suis tombée sur l’itinéraire détaillé, à base de 6 à 9 heures de marche par jour. Mmmmh, même pas une petite journée tranquille à base de 4-5h de marche, vous êtes sûrs les gars que c’est bien raisonnable ??? Pour finir, j’ai découvert que l’aïeul du groupe – que je prenais pour un gentil papy – était un sportif chevronné et enchaînait les sommets en marchant ou en escaladant.

Gloups…. moi qui n’est pas fait un pet de sport pendant mes six semaines en Zambie (à part lever le coude pour boire des bières), je commence à suspecter que cette affaire risque de se révéler plus compliquée qu’il n’y paraît. Mais j’en encore bon espoir et me raccroche à quelques idées en passant : le Laddakh finalement, ce n’était pas si loin… et le Népal remonte à à peine plus d’une décennie 🙂 Il ne faut pas déconner, je devrais m’en sortir… la rando tout de même, c’est avant tout une histoire de volonté.

Mais quand-même, en prévision des 2300 mètres de dénivelé ascendant puis descendant qu’on va faire en 4 jours, je décide de m’offrir des bâtons de marche locaux, pour pallier à l’absence de mes bâtons de compétition que je n’ai évidemment pas embarqué en Afrique. Cadeau bonus : ils sentent divinement bons, car ils ont été sculptés dans du bois de cèdre de Mulanje.

Un bâton de marche qui fleure bon le cèdre de Mulanje

Un bâton de marche qui fleure bon le cèdre de Mulanje

L’île dans les nuages

Nous avons de la chance : le Mont Mulanje est appelé localement « l’île dans les nuages », car il est le plus souvent dissimulé derrière une épaisse couche de cumulonimbus. Mais pendant tout notre séjour il décide de nous offrir son plus radieux visage. La région du Mont Mulanje est effectivement magnifique. C’est un vaste massif granitique et l’on trouve à ses pieds de belles plantations de thé, dont le vert flamboyant ressort de manière surprenante des routes de latérite, cette terre si rouge qui me fait toujours penser à Madagascar.

Nous traversons des petites forêts clairsemées, de mignonnes cascades, de grands plateaux où poussent des arbustes fleuris, ça sent bon et il fait beau. Mais purée, ça grimpe sévère, dis donc !!!! Concrètement, la première journée consiste à grimper sec pendant sept heures.

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Autant dire qu’en arrivant à la « hutte » où nous passons la nuit (un gîte de montagne tenu par le parc), je m’affale sur la terrasse avant de faire mes sacro-saints étirements… je refuse poliment (mais fermement) d’enquiller 1h30 supplémentaires aller-retour pour aller faire trempette dans une cascade et voir le coucher du soleil

J’en profite tout aussi bien au coin du feu avec un thé chaud, en apprenant avec nos porteurs les règles du « Bawo » (un super jeu de société qui se joue à deux avec des pierres ou des graines), en les écoutant faire de la musique.

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Car oui, la journée il fait bon chaud…. mais la nuit, il fait bien froid. Encore une info qu’on avait négligé de me transmettre !!! Deux des filles du groupe avec qui j’ai bien sympathisé, Louise (une « cousine du Québec » avec qui il fait bon échanger quelques mots en français après ce mois et demi à parler uniquement en anglais) et Robyn (une américaine vivant à Paris) vident gentiment leurs sacs pour me fournir écharpes, bonnets et gants.

 

Le mont Sapitwa…. ou « N’y va pas »

Notre objectif est d’atteindre le plus haut sommet du Malawi et de l’Afrique subtropicale (le Kilimandjaro faisant « techniquement » partie de l’Afrique australe) : le mont Sapitwa, qui culmine à 3002 mètres.

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J’abrège un peu… sinon je vais vous perdre avant le sommet Sapitwa… qui signifie en chichewa « N’y va pas » !!! Quel nom curieux, n’est-ce pas? Et bien après l’avoir atteint et en être redescendu… je dois avouer que je ne leur donne pas tort sur le nom de baptême !

Oui, 3002 mètres, sur le papier, ça semble peu.

Oui la montée est magnifique… encore que ça se rapproche beaucoup plus de l’escalade que de la rando quand il y a un tel dénivelé, aucun chemin et des énormes rochers partout.

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Oui, la vue en haut est superbe (surtout si tu n’es pas dans les nuages)

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… mais encore faut-il redescendre. J’ai toujours eu des genoux en rotin et la descente n’a jamais été mon amie. Et bien elle et moi on n’a vraiment pas (mais alors VRAIMENT PAS DU TOUT) été copines ce jour-là. J’ai rarement autant souffert des genoux, le Népal dans mon souvenir me paraît être de la gnognote à côté de cette journée.

La « bonne » nouvelle, c’est que ça a été difficile pour tout le monte. Donc ce n’est pas lié à une forme physique déplorable de ma part. Il paraît que le Kilimandjaro c’est « finger in the nose » en comparaison.

Et puis… on est redescendus, on a bu des bières et le lendemain on a oublié – malgré les courbatures – qu’on en avait tellement bavé 🙂

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Voici donc une courte video que j’ai faite pour Malawian Style et KE Adventure. Et je suis assez fière car Louise m’a envoyé la newsletter KE Adventure qu’elle a reçu l’autre jour qui mettait ma vidéo à l’honneur. Je ne peux donc que vous encourager comme ils l’ont fait avec leurs lecteurs : « Watch out this awesome video »  !!!

Vous ne manquerez pas de noter dans cette vidéo qu’on n’a pas trop l’air de morfler ni de descendre… c’est normal, j’étais trop concentrée sur mes pas pour filmer dans ces moments-là 🙂

8 commentaires

  • Coralie dit :

    Bon, le talent, il me semble que c’est ça !! C’est superbe, bien écrit, bien filmé. Sylvain Tesson en féminin?
    Bises, tu me fais rêver.Coralie

  • Delphine dit :

    Bravo louloutte

  • Nathalie dit :

    Hahaha des genoux en rotin ! Ma pauvre quelle descente… La vidéo me donne envie de partir mais je ne choisirai une autre destination que le « N’y va pas »… besos !

  • olouette dit :

    Hello Raph, j’ai vu les 3 video sur Vimeo et dis-donc, Tu produis à grande échelle là! Et tu maîtrises, c’est impressionant, tes images sont magnifiques, pures, centrées, et tes musiques si… dansantes! Mais tu es dingue de partir sans savoir ce qui va t’arriver, et les 12 jours de rando-escalade ont du te laisser vannée! As-tu pu récupérer dans les lodges? Bravo, je suis sous le charme editor and film maker! Enormes bises, il est minuit, je vais souper! Olga

  • Tibo dit :

    Hello Raphaëlle,
    Magnifique, l’évasion grand format sur notre tel … c’est épatant …
    Tu nous gâtes tant !
    Prend soin de tes genoux 😉

  • michel renard dit :

    Et oui, « Gabriel et la Montagne » m’ont amené inéluctablement sur ce blog . Nulle part n’est mentionnée « La montagne des esprits  » et pourtant ! J’ai cru deviner ce lac de montagne d’où il est de bon ton de plonger car profond et sans « bêtes » nuisibles . Mais effectivement, le chemin, à peine tracé , joue à « saute moutons » et par temps couvert, il doit être facile de se perdre !!! Une occasion de plus d’en sortir un film de la qualité de celui que je viens ce soir de découvrir ! Je prépare mes genoux !!!

    • Raphaelle dit :

      Bonjour Michel, j’étais de passage a paris au moment ou le film est sorti mais n’est malheureusement pas eu le temps d’aller le voir ! J’espère avoir la chance de pouvoir le visualiser un jour… car j’ai beaucoup entendu parler de ce jeune garçon lorsque j’attaquais le sommet. Quelle malheureuse histoire !

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