Essaouira : mon premier carnet de voyage illustré

Apprendre carnet voyage essaouira
Le kit de l'apprentie carnettiste

J’ai toujours adoré les carnets de voyage et suis en admiration devant les illustrateurs nomades qui, d’un coup de crayon, semblent croquer une atmosphère, des acteurs, des émotions et des lieux. J’aime par-dessus tout ceux qui mélangent les genre (dessins, photos, collages, écrits etc).

Je ne serai certes jamais Titouan Lamazou ou Peter Beard, mais ça n’empêche pas de tester des choses juste pour se faire plaisir, non ? J’écris ça comme si c’était tout naturel, mais en réalité mon mode de fonctionnement jusqu’à récemment était plutôt binaire : soit tu fais parfaitement (ou du moins tu essayes), soit tu ne fais pas… Donc me la jouer carnettiste alors que mon neveux à 5 ans dessinait déjà mieux que moi, no way !

Comment j’ai vaincu le complexe « je ne sais pas dessiner » ?

A défaut de savoir dessiner, j’ai toujours su à peu près écrire. Depuis 20 ans que je crapahute sac au dos, j’ai à mon actif un bon mètre linéaire de carnets de voyage « littéraires » scrupuleusement rangés dans ma bibliothèque. Je les ai toujours rédigés pour mon seul plaisir, afin de coucher sur le papier les anecdotes, enseignements, surprises et ressentis du voyage, dont une partie sinon disparaît avec le temps. Parfois j’en ressors un du placard et pouffe toute seule en relisant certains passages.

Au fond de moi, j’ai toujours eu envie de les agrémenter de croquis, dessins, aquarelles, collages, photos, impressions dessinées. Mais je n’avais jamais osé dessiner quoique ce soit sur une seule de mes pages de carnets, de peur de la « défigurer » (rapport au fait que je pensais dessiner un peu comme avec mes pieds).

Et puis, lors de ma traversée du Pacifique à la voile, j’ai enfin eu VRAIMENT du temps pour une fois dans ma vie. J’ai osé prendre un crayon et me suis rendue compte que – contrairement à ce que j’avais toujours imaginé – je savais à peu près dessiner (en tout cas reproduire). Et surtout, que j’y prenais grand plaisir.

Dans la cour des grands : les Beaux-Arts sinon rien !

De retour à Paris, j’ai suivi pendant 4 mois aux Beaux-Arts les cours hebdomadaires pour adultes de dessin d’après modèle vivant. Juste question de me décoincer un peu, de prendre confiance et d’apprendre quelques bases.
Je les recommande à quiconque a envie d’expérimenter le dessin, novice ou confirmé (je parle bien de dessin, il n’est pas ici question de peinture ou d’histoire de l’art). On apprend à croquer une pose en 2, 5, 10 ou 20 minutes, parfois avec la main gauche, parfois sans regarder la feuille, parfois avec un modèle en mouvement permanent… Bref, on tente plein de choses et ça permet surtout d’affiner et trouver son trait, de s’extraire du détail pour aller sur l’essentiel, de construire avec les volumes, les ombres etc.

Et puis il faut l’avouer : le plaisir d’être assis dans ces amphithéâtres mythiques et d’avoir une carte « Etudiant aux Beaux-Arts » (à 37 ans) est assez incroyable. Rien qu’en franchissant les murs de l’école, tu te prends déjà pour Camille Claudel (en plus Camille c’est mon deuxième prénom, dis-donc, faut-il y voir un signe du destin ?).

Carte étudiant Beaux Arts Paris

OK, je souris pas beaucoup sur la photo, mais trop fière quand-même d’avoir une carte d’étudiante aux Beaux-Arts !!!

Trêve de divagation, revenons à nos crayons !

Je venais de terminer ces cours lors de mon départ au Maroc. Qui dit Essaouira pense aquarelles et carnets de voyage, c’est un grand classique. J’ai donc voulu tenter mon premier carnet de voyage TOTALEMENT illustré.

Déterminée à tester des choses variées (quitte à faire des trucs pas terribles… pour ne pas dire des grosses bouses), je suis partie armée de :

  • un carnet de croquis,
  • des crayons à papier (2B, 4B, 6B, 9B), crayons de couleurs aquarellisables, feutres,
  • une petite boîte d’aquarelle (Cotman Water Colours)
  • un pinceau à réservoir d’eau
  • colle forte et ciseaux.

Sur place, j’ai aussi ramassé tout ce qui me tombait sous la main pour les coller : des plantes & fleurs, du tissu chez Malika, du sel dans les mines de Telouet, de la terre ocre de l’Atlas pour colorer les façades des maisons,  des motifs de henné pour servir de fond avant d’appliquer de l’aquarelle, des journaux en arabe, des découpages de magazines locaux, des dessins glanés sur place, des bouts de mes photos que j’ai fait développer là-bas pour les coller dans le carnet. Bref, j’ai essayé de faire des choses variées pour voir ce qui me plaisait le plus et me paraissait le plus simple à faire.

 

Bilan des courses ?

Ca m’a pris un temps considérable pour un résultat souvent peu abouti. J’ai vite réalisé que le plus difficile, c’est de construire des doubles pages cohérentes… ou en tout cas pas trop déséquilibrées. Souvent, je commençais à croquer quelque chose qui me plaisait sur une page sans réfléchir, avant de me dire : damned, qu’est-ce que je vais mettre sur l’autre ??? Ou autour.

Mais c’est en essayant qu’on apprend. Et je me suis énormément amusée à le faire. J’ai pris beaucoup de plaisir dans ces moments contemplatifs et posés, j’ai eu de joyeuses interactions avec les personnes que je croquais et ressenti une grande fierté de persévérer, alors même que je trouvais mes pages vraiment pas géniales. Après mes 3 premières doubles pages, j’ai failli reprendre un carnet de voyage écrit classique, mais j’ai finalement essayé d’aller jusqu’au bout.

Et le mieux, c’est qu’en fait je m’en fous totalement que ce ne soit pas terrible. Et j’ose même partager ici ces fragments de carnet pas du tout aboutis. Parce que je suis heureuse d’avoir compris que la perfection, c’est bidon. Que ce qui compte, c’est ce qui nous rend vivants et nous fait plaisir.

Bien entendu, si tu décides de faire un commentaire sur les pages qui suivent, n’hésite pas à faire preuve d’indulgence, j’y serai sensible évidemment ☺. Et n’hésite pas à me dire aussi quelles sont les pages que tu préfères, celles qui selon toi fonctionnent le mieux. J’ai ma petite idée mais c’est intéressant d’avoir le « vote du public » :).

Si tu fais des carnets de voyages illustré, n’hésite pas non plus à les partager ici ou à prodiguer tes bons tuyaux, je suis carrément preneuse. Quels sont tes carnets préférés, ton matériel de prédilection, tes petites astuces pour récupérer des choses sympas pendant le voyage pour agrémenter ton carnet etc etc ?

Carnet de voyage Maroc Assemblage

Pages du carnet de voyage Maroc

 

Carnets d’adresses à Essaouira

Je n’ai pas du tout fait un tour exhaustif d’Essaouira, mais je profite de ce billet pour partager quelques bonnes adresses repérées au cours des 4 jours que j’y ai passé.

  • Hôtel :
    • Riad Nakhla : Joli riad, bon marché, accueil absolument charmant et top terrasse pour le petit déj. Chambre avec SDB à partir de 200 Dhm – Copieux petit déj sur la terrasse tout en haut : 30 Dhm (petit conseil : attention au mouettes voleuses toutefois, ne pas se retourner trop longtemps).
    • Lalla Mira : petit eco-hôtel tout mignon avec un hamman / spa qui a bonne réputation.
    • Dar Adul : riad coloré, galerie d’art, salon de thé et table d’hôtes tout à la fois en plein cœur de la médina.
  • Pour boire un verre (alcoolisé ou pas) :
    • La terrasse de Taros : avec vue imprenable sur la place Moulay Hassan et le port en fond de toile. Ambiance un peu brnachouille et musique live souvent le soir. En revanche, bouffe vraiment pas top.
    • Dar Adul Caravane Café : confortable terrasse en haut de l’hôtel Dar Adul bien protégée du vent.
  • Pour manger de VRAIS bons tajines à se taper le cul par terre :
    • Restaurant Ferdaouss / Chez Souad – 27 rue Abdesslam Lebadi – 05 24 47 36 55 –
    • Restaurant Les Alizés Mogador tenu par un couple marocain adorable dans une vieille maison du 19e siècle. Sa femme est une cuisinière hors pair.
  • Pour un hammam traditionnel :
    • Hammam Mounia… à ne pas confondre avec la Mamounia à Marrakech. Il s’agit d’un hammam bien dans son jus : comme annoncé à l’entrée : ici ce n’est pas un spa ☺. Mais clairement, ça a son charme aussi.

17 commentaires

  • falterbee dit :

    Great article, and such a nicely done carnet de voyage! Your website is truly inspiring, wish you all the best.

    • Raphaelle dit :

      Thank you so much Borisa for your kind comment, I am proud to receive here my first ever comment on this blog… and in English, s’il the plaît 🙂 Hope I will inspire you much more in the future.

  • SASSEN dit :

    What beautiful drawings! Keep up the good work 🙂
    I’m impressed!

    • Raphaelle dit :

      Rrrrro, je rosis de plaisir en lisant ces commentaires. Comme quoi il faut oser 🙂 Je n’ai jamais imaginé partager ces dessins en les faisant. Ca me donne envie de continuer dis-donc

  • Super Raph ! j’adore les dessins l’esprit ! faut qu’on fasse un truc ton blog + les petits carnets 😉

    • Raphaelle dit :

      Avec grand plaisir Bénédicte. J’ai bien une petite idée en tête (si jamais tes fournisseurs indiens peuvent faire ça en petites quantités) : je pensais parler de ce que j’appelle des carnets de grat(t)itude (je compte poster un billet là-dessus très vite). Pourquoi on ne les produirait pas nous-mêmes avec possibilité de les personnaliser ???

  • Vander Elst Patricia dit :

    Génial, Raphaelle! J’adore ton carnet de voyage sur Essaouira, où je pars très régulièrement un vacances. On a les mêmes adresses. Ca m’a fait sourire. Je trouve que tes dessins sont très sympas, dynamiques et vivants. Bravo!!! Et a très vite!

  • Prevost caroline dit :

    Bravo Raphaële ! J’adore tes petits carnets .. Ti touant peut se rhabiller …

    • Raphaelle dit :

      C’est trop gentil Caroline, je rosis de plaisir en lisant ton commentaire, mais franchement le jour où je lui arrive au petite doigt de pied ce sera déjà pas si mal 🙂

  • Elodie dit :

    Super Raphaëlle, je me suis reconnue dans cet article. Merci pour les conseils, ton carnet de voyage est magnifique. Le blog est TOP!!!
    Des bisous

  • ben mince alors c’est vachement chouette ces dessins. Ton histoire de ne pas oser me rappelle ma propre frustration (auto-persuasion) de ne pas savoir dessiner. Un truc à faire peut-être ? En tout cas ces petits carnets sont autant de trésors, bravo !

    • Raphaelle dit :

      Merci Fabrice ! C’est rigolo, ça m’a pris un jour comme une envie irrépressible de partager ce carnet et surtout d’expliquer comment j’en étais arrivée à OSER ENFIN prendre un crayon alors que j’ai toujours pensé dessiner comme un pied. Mais je n’ai jamais imaginé que ce serait ce billet qui ferait le plus réagir et dont on me parlerait le plus.
      Comme quoi, l’auto-persuasion ça marche dans les deux sens… le principal restant surtout de se faire plaisir, d’essayer et ne pas se freiner. Au pire, qu’est-ce que tu risques en fait ???? C’est ça la vraie question.

  • Julie vde dit :

    Qui n’essaye rien n’a rien!
    Super tes carnet, faut juste que tu trouve un autre mode pour écrire tes titres, on dirait de l’école primaire! Un non gros marqueur en écriture cursive vaudra mieux.
    Pour tes doubles Pages, n’esite pas à dessiner un détail à côté d’un paysage…
    Conseil d’archi. d’intérieur.
    Bonne continuation

    • Raphaelle dit :

      Merci Julie. Tu as tellement raison sur les titres, mais il faut que je trouve des idées pour les rendre moins « école primaire ». Et merci pour tes conseils d’archi sur la construction d’une double page, c’est exactement ça vers quoi j’aimerais réussir à aller. Bisous

  • cigale dit :

    Moi je le trouve plutôt sympa ce carnet. Je vais moi même me lancer dans cet exercice et je me dis que comme pour tout, plus on en fait meilleure on devient.
    de toutes les façons ce carnet et fait un moment T et puis avant tout c’est se faire plaisir.
    alors encore bravo et ne lâchez pas

N'hésite pas à laisser un commentaire (surtout s'il est sympa), donner ton avis, partager tes infos etc