Maroc : bons spots de surf à Essaouira

Près de Cap Sim : bons spots de surf à Essaouira

Quand un de mes copains, surfeur émérite, me propose de le rejoindre quelques jours au Maroc en plein hiver, je saute sur l’occasion. Et prends un billet pour Essaouira, départ dans 4 jours… Ca tombe à pic: j’ai des fourmis plein les gambettes après 5 mois à Paris et ressens furieusement le besoin de me remettre en mouvement (aaaargh, le fameux syndrôme du Wanderlust).

Heureux locataire d’un camping-car de poche, il évolue depuis quelques semaines avec sa roulotte ambulante et ses planches de surf au gré de la houle, dans de minuscules villages de pêcheurs près de Cap Sim, au sud d’Essaouira (bien plus petits que Safi ou Sidi Kaouki, bien connus dans le coin).

De ce que je comprends avant le départ, il est vraisemblablement loin d’être le seul. Car outre le kite et la planche, la région est bien connue des surfeurs du monde entier pour ses excellents spots de surf. Malgré l’eau à 15 degrés à cette époque, ils sont nombreux à venir « rider » (prononcer : « railledé » en français, une sorte de « chevauchement » de la vague si l’on me pardonne cette traduction approximative un peu trop littérale) les vagues marocaines hiver comme été.

Telle l’ethnologue, me voici donc à observer de plus près ce phénomène de regroupement naturel de surfeurs animés par une même passion. Et à vivre comme eux, changeant de spot au gré de la houle, dormant dans un camping car, scrutant la vague du matin au soir et les regardant s’éclater sur les vagues. Pour ceux qui comme moi ne vont pas à l’eau, il y a de très belles marches à faire entre Ouassane et le phare de Cap Sim par exemple. De rudes paysages de cailloux et arbres secs  alternent avec des dunes de sable à n’en plus finir. Et si comme moi vous avez la chance de croiser Hassan en arrivant au phare, il vous fera peut-être monter tout là-haut. Vue imprenable à 360° garantie, jusqu’à Essaouira en regardant au Nord.

Le paradis du camping-car

La région est transformée en « paradis » (cauchemar ?) du camping-cariste. Entre ceux des surfeurs et ceux des « chibanis » (les « vieux » en langage berbère, cad les retraités européens venus profiter du soleil), il y en a un paquet ! Ils sillonnent routes et pistes à la recherche du spot parfait (enfin, les surfeurs surtout, si vous me suivez toujours).

Le contraste est assez saisissant entre ces paisibles villages de pêcheurs aux parfums de bouts du monde et ces individus qui les traversent, munis de leurs planches de surf pour aller tâter les vagues. Ainsi qu’entre les maisons en torchis des locaux et les demeures roulantes des occidentaux à l’esthétique douteuse, garées dans les ruelles, les jardins d’habitants consentants ou le parking local aménagé pour faire face à l’afflux (dans la série je me fonds dans le décor, on fait mieux que le camping-car).

Vraisemblablement, je suis la seule à marquer une forme d’étonnement en observant la scène suivante à Ouassane : au premier plan, un enfant assis sur son âne qui boit à la fontaine du village (l’âne, pas l’enfant enfin, bougre d’âne :)). Il regarde passer deux surfeurs de retour d’une « session », leurs planches sous le bras. En arrière plan, des pêcheurs démêlent leurs filets, le tout sur fond de maison blanches en torchis et d’un immense champ d’éoliennes qui émerge juste derrière. Modernité et tradition réunis dans un seul champ de vision.

Le temps prend son temps

La notion du temps a l’air d’être absente de ces lieux… Et ça contribue totalement au lâcher-prise qui tombe sur moi à peine le premier thé à la menthe d’accueil ingurgité. La douceur ambiante gagne tout le monde. Les gens ici sont d’une grande simplicité et d’une grande gentillesse. Ils sont généreux, doux, calmes. Par ici, la vie ne passe pas à la même vitesse que dans nos grandes villes ou même qu’à Essaouira, pourtant seulement distante de 30 kms. Internet non plus d’ailleurs ne passe pas, ou alors très difficilement. Les problématiques de toute façon sont bien différentes. Les vagues qui font le plaisir des uns (les surfeurs) ne font pas forcément le bonheur des autres (les pêcheurs ne peuvent pas sortir par temps de houle). Du coup, certains marocains se sont mis au surf et se mélangent aux étrangers sur les vagues quand le temps le permet.

Mais bon, on verra bien la météo et l’orientation de la houle demain… et probablement on ira surfer, inch Allah ! De toute façon, la plupart des surfeurs sont dans le coin pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Certains sont même en famille, avec de jeunes bébés ou enfants. Ils ont tout leur temps et peuvent passer des heures face à la mer à attendre le bon moment pour se mettre à l’eau, en échangeant quelques informations pratiques. Simplicité et décontraction sont de mise. C’est probablement ce qui explique que cette cohabitation surprenante des villageois et des surfeurs a l’air de se passer le mieux du monde, sans perturber personne.

Bon alors, on y va ou bien ???

Oui, évidemment on y va ! En prenant garde bien sûr de respecter le style de vie et les coutumes locales (pas de bikini mesdames, pas d’alcool messieurs). Et en contribuant à l’économie locale, sans pour autant déverser des liasses de dirhams à tire-larigot.

D’ici là, un petit cadeau bonus pour se mettre dans l’ambiance surf : Sur la Planche, une musique bien pêchue qui devrait irrémédiablement vous donner envie d’onduler.

 

Où surfer (et dormir) près de Cap Sim : des bons spots en-dehors des sentiers battus ?

  • A Ouassane :
    • Chez Adil : B&B simple et chaleureux. Adil est le premier local à avoir commencé le surf ici il y a 10 ans. Accueil adorable, dîner préparé par sa maman partagé par les hôtes dans le salon (Tarif : 100€ la semaine, 350€ le mois)

Maroc_Ouassane_Hotel_Adil

    • Cap Sim House : charmant riad au cœur du village, monté en 2014 par un chaleureux couple de français, après avoir passé de nombreuses années au Sénégal. (6 chambres à tarif unique : 48€ la double / 36€ pour les surfeurs avec petit déj. Petite préférence pour la chambre berbère avec sa tente aménagée au-dessus du lit. Possibilité de dîner sur place sur commande. Hammam, piscine, grand toit terrasse).
  • A Tafedna :
    • Pas de possibilité d’hébergement à ma connaissance
    • Mais un petit café pour prendre un thé ou se restaurer.
  • Plus connus, plus touristiques (mais pas testés par moi) : les villages de Sidi Kaouki, Taghazout ou Tamraght offrent plein de possibilités d’hébergement (au Sud d’Essaouira) ou Safi et son « break » bien connu (au Nord).

Comment aller à Essaouira ?

Depuis Paris, la compagnie Transavia assure désormais des correspondances directes pour Essaouira (3h30 de vol). Sinon, prévoir une arrivée en voiture ou en bus depuis un autre point de liaison du pays (compter 3h de bus depuis Marrakech avec la compagnie Supratours par exemple).

Carnets d’adresses à Essaouira

Si besoin, voici quelques bonnes adresses repérées au cours des 4 jours que j’ai passé à Essaouira.

  • Hôtel :
    • Riad Nakhla : Joli riad, bon marché, accueil absolument charmant et top terrasse pour le petit déj. Chambre avec SDB à partir de 200 Dhm – Copieux petit déj sur la terrasse tout en haut : 30 Dhm (petit conseil : attention au mouettes voleuses toutefois, ne pas se retourner trop longtemps).
    • Lalla Mira : petit eco-hôtel tout mignon avec un hamman / spa qui a bonne réputation.
    • Dar Adul : riad coloré, galerie d’art, salon de thé et table d’hôtes tout à la fois en plein cœur de la médina.
  • Pour boire un verre (alcoolisé ou pas) :
    • La terrasse de Taros : avec vue imprenable sur la place Moulay Hassan et le port en fond de toile. Ambiance un peu brnachouille et musique live souvent le soir. En revanche, bouffe vraiment pas top.
    • Dar Adul Caravane Café : confortable terrasse en haut de l’hôtel Dar Adul bien protégée du vent.
  • Pour manger de VRAIS bons tajines à se taper le cul par terre :
    • Restaurant Ferdaouss / Chez Souad – 27 rue Abdesslam Lebadi – 05 24 47 36 55 –
    • Restaurant Les Alizés Mogador tenu par un couple marocain adorable dans une vieille maison du 19e siècle. Sa femme est une cuisinière hors pair.
  • Pour un hammam traditionnel :
    • Hammam Mounia… à ne pas confondre avec la Mamounia à Marrakech. Il s’agit d’un hammam bien dans son jus : comme annoncé à l’entrée : ici ce n’est pas un spa ☺. Mais clairement, ça a son charme aussi.

 

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